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Interview avec Guersendre NAGY

Responsable Communication & Relations Publiques chez buildingSMART France – Mediaconstruct.

Bonjour Guersendre, pouvez-vous nous expliquer en quelques mots votre parcours – atypique – qui vous a mené jusqu’à ce poste ?

Historienne d’entreprise, j’ai découvert l’univers du bâtiment au travers du centenaire de la Fédération Française du bâtiment en 2004. Celle-ci me fait ensuite travailler sur la communication d’e-btp – portail de services numériques aux entreprises – et rencontrer Alain Maury, délégué général de Mediaconstruct.

En 2007, il me demande de m’occuper de la valorisation du projet eXpert – lauréat à TIC & PME 2010 – qui a pour but d’expliquer à l’ensemble des professionnels de la filière Bâtiment l’intérêt de la maquette numérique et les nouveaux process métiers qui en découlent : c’est ainsi que je suis tombée dans la marmite du BIM, emmenant avec moi une autre agence : Magamo.

Nous avons ainsi accompagné le projet eXpert puis Mediaconstruct dans leur stratégie de communication autour de la création d’un site, d’une newsletter mensuelle, de livres blancs, mais aussi d’évènements pour faire connaître le BIM.

Je vais rejoindre une agence Web et continuer d’accompagner la sensibilisation du BIM en France…pour in fine intégrer les rangs de buildingSMART France- Mediaconstruct.

buildingSMART France – Mediaconstruct et le BIM : peux-tu nous expliquer ce que c’est ?

Le BIM c’est la base de données techniques d’une construction, souvent connue pour sa représentation en 3D.  Par ses aspects collaboratifs et la continuité numérique qu’il représente, le BIM implique l’ensemble des professionnels de la construction, de l’exploitation et de l’immobilier : c’est à la fois la maquette numérique et ses usages (en anglais Building Information Model ou Modeling).

buildingSMART France – Mediaconstruct est une association qui a pour missions d’accompagner tous les professionnels dans l’appropriation du BIM ; et à contribuer à l’openBIM (c’est-à-dire l’usage de standards du BIM) pour que tout le monde capitalise sur un socle commun dans une logique de continuité numérique. Ainsi l’interopérabilité des outils, le cycle de vie de la donnée et les compétences sont des axes majeurs pour l’association. Et comme le BIM est loin d’être franco-français, et que l’expérience française a besoin d’être partagée et enrichie, buildingSMART France – Mediaconstruct joue aussi un rôle sur la scène étrangère. C’est le représentant de la France dans l’association internationale de l’openBIM : buildingSMART Internationale (bSI). Elle est très impliquée dans bSI et reconnue pour son expertise dans la gestion des données constitutives d’une maquette. D’ailleurs, bSI a demandé certains développements sur le sujet à Frédéric Grand, directeur technique de bSFrance.

 

Créé en 1989, buildingSMART France – Mediaconstruct fédère une communauté numérique sans cesse en expansion : 

  • 150 entités adhérentes
  • 7 partenariats régionaux
  • 2 conventions nationales (PN MINnD, GS1 France, Syntec Numérique)

C’est ainsi que buildingSMART France – Mediaconstruct développe une vision tournée vers l’avenir, sans exclusivité ni opposition !  Son objectif : la continuité numérique entre Construction, Exploitation et Territoires.

Au travers de tes missions, comment as-tu vécu la transition numérique ? Peux-tu nous partager cette expérience?

Aujourd’hui, la notion et l’utilisation d’outils digitaux dans l’association n’est plus une question, tant cela constitue un pré-requis pour remplir nos missions et atteindre nos objectifs.

En 2008 nous avons créé le site eXpert, ce qui nous a mis le pied à l’étrier pour créer le site de bSFrance : être présent sur la toile était le meilleur moyen de faire connaître le BIM et l’association. Cela nous a ouvert de nouvelles opportunités en termes d’accessibilité mais aussi de visibilité. Les newsletters en PDF ont été remplacées par des emailings. L’étape suivante de notre transition numérique a été évidemment de lancer un blog. Cela nous a permis de dynamiser l’image de l’association au travers de partage de contenu. Et bien sûr, pour être toujours plus repérables, nous avons initié notre présence sur les réseaux sociaux en 2014 avec un premier un compte Twitter, puis sur LinkedIn à partir de 2018. In fine, dès 2017, nous avons proposé des webinaires dont le succès était toujours croissant. Le contexte sanitaire de 2020 a définitivement confirmé cet engouement : plus de 300 inscriptions à chacune des interventions.

Ces évolutions numériques sont désormais inscrites dans notre développement et nous portons désormais une vraie attention pour nous adapter aux nouveaux usages en lien avec les pratiques numériques professionnelles et privées.

La transition numérique dans l’univers de la construction, vers une industrie 4.0 comment cela se passe?

Au cours des 16 dernières années, j’ai pu constater que l’évolution de la digitalisation du secteur s’est déroulée sur 3 plans : Administrative – Gestion : Technique ; et Marketing.

Comme beaucoup d’autres secteurs, les professionnels de la Construction ont dû faire entrer le numérique dans la gestion de leur entreprise. La dématérialisation des marchés publics marque un tournant dans cette 1ère digitalisation du secteur, souvent considéré comme « en retard ». Il faut rappeler que le Bâtiment est majoritairement constitué de TPE, et que les professions y sont multiples.

La prochaine étape résidait dans la dématérialisation des données techniques et passe aussi des pratiques professionnelles collaborative à l’image de la sphère privée. Il ne s’agit plus seulement d’utiliser des ordinateurs et logiciels pour travailler, mais bien de concevoir et d’exploiter numériquement des bâtiments donc de travailler autrement avec le digital. C’est l’arrivée du BIM. La covid en a accéléré l’usage permettant à tous de poursuivre leurs activités malgré les contraintes sanitaires.

Non seulement le BIM est un outil technique de travail qui dispose d’une dimension collaborative indispensable, mais il devient également outil marketing pouvant s’inscrire plus largement dans le développement économique des acteurs de la construction. Se positionner comme une entreprise « de son temps » voire innovante ; visualiser ou s’immerger dans un bâtiment sont des arguments de vente.

Cette forte accélération en 2020 a permis de faire comprendre l’importance et l’intérêt d’intégrer un écosystème numérique complet. Données de gestion, données techniques et process collaboratifs grâce au numérique, valorisables au travers d’une communication digitale vis-à-vis des clients : la Construction évolue pour se saisir des atouts du numérique. Qui sait, le regard sur ce secteur pourrait changer… enfin (!) et attirer de nouvelles recrues parmi les digital natives ! 

La vitalité digitale de l’univers de la construction est donc avérée, mais qu’en est-il de la dimension humaine qui est un fondement de cette industrie?

Je dirais que la digitalisation n’est pas une question d’âge mais d’esprit. Elle a permis et permet encore la valorisation des techniques de travail de ses utilisateurs. Le numérique ouvre le champ des possibles… mais ce n’est pas une fin en soi. Le digital ne peut pas remplacer le lien social même s’il offre des alternatives. Comme pour le BIM, l’humain doit rester au centre : le digital au service des métiers sans avoir à soulever le capot !

Merci beaucoup Guersendre pour cette interview !