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INTERVIEW AVEC CAROLINE FOUQUET

ON EST FAN

 

Vous êtes directrice de la communication de Syntec Numérique, qui représente les entreprises du numérique en France. Qu’est-ce qui vous a poussé au cours de votre carrière à vous tourner vers ce domaine ?

J’ai démarré dans l’aéronautique avant de passer une dizaine d’années dans les télécommunications. Je me suis ensuite tournée vers l’après-vente automobile et enfin le numérique, toujours sur des fonctions « communication ». Ce qui m’attire, c’est la dynamique du secteur, le changement, et le challenge que l’on me propose. Un des dénominateurs communs, c’est la technologie. Aussi, je dois avoir certaines appétences pour les domaines techniques et technologiques.

Et depuis combien de temps êtes-vous chez Syntec Numérique ?

Cela fait trois ans.

 

 

Et Syntec Numérique existe donc depuis longtemps, puisqu’il fête son 50ème anniversaire cette année. Est-ce une association, une institution publique ?

C’est une organisation professionnelle qui représente les entreprises du numérique en France. On a 2 000 membres actuellement, ce qui est beaucoup pour une association. Nos adhérents ont des profils assez diversifiés : des éditeurs de logiciels, des conseillers en technologie, des entreprises de services du numérique (anciennement SSII, on les appelle les ESN aujourd’hui) et des startups. Le syndicat accueille des grands groupes, des entreprises de taille intermédiaire (ETI), des PME et des startups.  Nos adhérents réalisent 80% du chiffre d’affaires total du secteur (plus de 56 Md€ de chiffre d’affaires).

Vous avez donc des profils adhérents très différents. Et des agences, au même titre que OUICOM* qui est adhérent, en avez-vous beaucoup ?

Des agences de marketing digital, oui, il y en a un petit peu. Nous avons aussi des plateformes… Cela se diversifie beaucoup ces dernières années, depuis 5 ou 6 ans. L’organisation a un spectre de plus en plus étendu.

D’accord. Qu’est-ce que le Syntec Numérique peut changer en pratique au sein des entreprises, comment agit-il à leurs côtés ?

Syntec Numérique a quatre missions principales.

La première est le service aux adhérents.  Nous leur apportons un panel d’offres, des services négociés aux conseils d’experts, et nous organisons une centaine d’événements par an. Le networking est une des principales motivations de nos membres.

La deuxième mission est le social. Nous contribuons par exemple à la modernisation de la convention collective pour l’adapter aux métiers de nos adhérents.

Notre troisième mission est le lobbying : défendre la profession, mettre en valeur l’apport du numérique et de ses usages auprès des pouvoirs publics, faire passer des idées. Nous devons comprendre les problématiques de nos adhérents et essayer de collaborer avec les pouvoirs publics pour pouvoir faire évoluer certains points bloquants.

Enfin, la dernière mission est l’attractivité : un de nos enjeux est d’attirer les jeunes vers les métiers du numérique, notamment les jeunes femmes car on manque de présence féminine. Nous avons donc un rôle important d’évangélisation auprès de tous ces jeunes qui ne connaissent pas forcément ces métiers qui sont nombreux et qui se créent tous les jours.

Pour rebondir sur le lobbying auprès des institutions politiques, considérez-vous que nous sommes “up to date” concernant les nouvelles technologies en France ? Si l’on compare à d’autres pays, pensez-vous qu’il y a des points sur lesquels nous devrions accélérer notre adoption et notre évolution du numérique en France ?

La Commission européenne a dévoilé son classement 2019 de l’indice relatif à l’économie et à la société numériques (DESI). Les rapports DESI permettent à la Commission européenne de suivre l’évolution de la compétitivité numérique des États membres. Cette année, la France progresse par rapport à 2018 mais ne gagne qu’une place, pour se classer 15ème sur 28.  Elle est dans la moyenne pour ses compétences numériques, les usages des services Internet et l’intégration de la technologie numérique. Quant aux services publics numériques, ils sont globalement plus nombreux en France que dans les autres pays européens. Le point noir : la connectivité internet. La France se classe 20ème. Selon le rapport, seulement 20% des ménages français utilisent le haut débit rapide. Restons positifs, le plan France très haut débit espère pouvoir couvrir l’ensemble des territoires français avec des débits de 30 Mbps ou plus d’ici 2022.

Intéressant, merci de partager avec nous ces données chiffrées. Pour revenir aux événements que Syntec Numérique organise fréquemment, pouvez-vous nous en dire plus ?

Il y a plusieurs catégories d’événements. Nous proposons des rendez-vous annuels institutionnels comme l’Assemblée Générale ou les Vœux, des commissions et comités qui se réunissent plusieurs fois par an pour traiter des sujets communs à tous les adhérents comme le juridique, la formation, l’emploi ou des questions professionnelles d’actualité. Nous organisons des événements orientés métiers comme le Panorama des éditeurs de logiciels français le « TOP 250 » ou le Rendez-vous des ESN.

Enfin, deux fois par an, nous présentons les chiffres du secteur, aux analystes et à la presse. Ces chiffres très attendus sont mis à jour tous les 6 mois.

Ces événements sont-ils uniquement réservés aux adhérents ou aussi ouverts au public extérieur ?

C’est une très bonne question ! Les comités sont ouverts et les commissions destinées uniquement aux adhérents. Certains autres événements thématiques peuvent également être ouverts aux professionnels, non adhérents. Tous nos événements sont en ligne sur notre site internet.

Cet aspect “événementiel” de Syntec Numérique est donc très intéressant pour les adhérents, qui y trouvent une opportunité de rencontres professionnelles et de networking énorme.

C’est effectivement l’une des raisons pour lesquelles l’adhérent est intéressé par notre structure. Syntec Numérique est un moyen de s’informer et de se connecter.

L’année des 50 ans de Syntec Numérique doit donc être une année riche en événements. Qu’avez-vous préparé de spécial en cet honneur ?

À l’occasion de son 50ième anniversaire – Syntec Numérique a souhaité développer un programme ambitieux, tourné plus particulièrement vers le grand public afin de mieux appréhender les attentes et les craintes que les innovations technologiques soulèvent.

La volonté de Syntec Numérique est d’aider les entreprises et tout particulièrement les entreprises adhérentes à construire un futur en phase avec ces demandes.

Pour atteindre ces objectifs, Syntec Numérique a lancé une grande enquête intitulée « raconte-moi le futur » de mai à juin ouverte à tous.

Cette enquête est accompagnée de pastilles vidéo, qui donnent la parole à des personnalités de tous horizons, qui partagent leur vision du futur.

Les résultats de l’enquête et les vidéos de personnalités sont consultables sur le site internet.

Quelle est la réponse à cela ? Leur perception est-elle donc plutôt positive ou négative ?

Le futur se présente globalement de façon ensoleillée pour une majorité des personnes consultées. Pour autant, les mots qu’elles utilisent pour le décrire se révèlent riches et plus nuancés : aux côtés des attentes et inquiétudes personnelles, de la curiosité et des espoirs de progrès, l’incertitude, les craintes socio-économiques et environnementales occupent aussi une place importante dans leurs projections.

Cela étant, au-delà des espoirs et appréhensions, un constat encore plus massif s‘impose : le futur sera technologique et numérique.

Et pour bien comprendre et aborder ce futur, un paradoxe se fait jour dans l’opinion dont il va falloir tenir compte. Car si les répondants à notre consultation estiment que le numérique leur apporte personnellement plus de positif que de négatif, ce rapport est bien moins clair dès lors qu’il s’agit de la dimension collective. En la matière et pour une large majorité d’entre eux, le numérique apporte en effet tout autant de bien que de mal à la société et l’être humain en général. Et l’écart entre ces bénéfices individuels et cette ambivalence collective se creuse depuis dix ans.

Nous irons donc consulter les chiffres ! Quel est le deuxième volet des vidéos “Raconte-moi le futur” ?

Dans le cadre de cette vaste opération, nous avons interviewé des personnalités comme Jack Lang ou Bernard de La Villardière… Une quinzaine de personnalités ont été interrogées sur un format de 2-3 minutes sur ces problématiques-là. Les vidéos sont sur notre chaine Youtube. Nous continuerons à en sortir à la rentrée en septembre…

Enfin, il n’y pas d’anniversaire sans fête ! C’était à l’Hippodrome ParisLongchamp et nous avons accueilli plus de 600 personnes le 25 juin dernier.

Merci Caroline pour cette interview !

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