0176215544 contact@ouicom.fr

INTERVIEW AVEC HUBERT STEFANI

ON EST FAN

Vous travaillez actuellement comme Chief Innovation Officer au sein de Novagen Conseil. Pouvez-vous nous expliquer concrètement ce que vous faites ?

Je suis directeur technique et associé de Novagen, qui est un cabinet de conseil dédié à la Data.

Je m’occupe de plusieurs choses à la fois : je participe d’abord au recrutement en évaluant les compétences des candidats. On recrute des experts spécialistes de la donnée, qui sont des data scientists et des datas ingénieurs, deux métiers dont j’expliquerai les spécificités un petit plus tard. Il faut ensuite les former, et c’est mon rôle. J’établis donc un cursus de de formations pour qu’ils soient ensuite les plus aptes à travailler sur nos projets clients.

Une partie de votre travail est donc de sélectionner les meilleurs profils sur le marché, spécialistes en Data, afin de les recommander à vos clients par rapport à leurs besoins ?

Oui, ils sont engagés pour réaliser des missions qui ont lieu aussi bien chez nos clients que dans notre ‘Laboratoire’. On recrute des personnes sur profil, qui ont des compétences dont on sait qu’elles vont globalement s’exprimer dans la majorité des missions que nos clients nous confient.

 

 

Et quelles sont vos autres responsabilités chez Novagen ?

L’une de mes casquettes, c’est d’aller présenter chez nos clients l’éventail de nos compétences. De parler avec eux de leurs exigences, qui sont très diverses. Et puis, d’étudier la manière dont on pourrait les accompagner, avec les compétences qui pourraient compléter le mieux leurs projets du moment.

Ces rencontres se concrétisent par des projets où Novagen intervient et les collaborateurs vont apporter chacun leurs savoirs et compétences.

J’accompagne également les clients dans leur stratégie. Il arrive qu’ils aient une vision imprécise des données qu’ils ont déjà ou qu’ils vont avoir, et surtout de ce qu’elles peuvent rendre possible. Ils se trouvent parfois très démunis par rapport à ces données, et c’est là que mon expérience, issue de divers contextes et divers projets, me permet de discuter avec eux de ce dont ils ont envie pour construire une stratégie complète.

Pouvez-vous désormais nous expliquer la différence entre data ingénieur et data scientists ?

Ce sont des expertises complémentaires. Le Data ingénieur est la personne qui connaît les différentes solutions à assembler pour regrouper les données, les travailler, les structurer, quel que soit leur volume et leur nature. C’est un poste pour lequel les compétences informatiques sont prépondérantes.

Les Data Scientists sont plus proches du métier : ils vont créer une stratégie de valorisation des données grâce aux algorithmes de Machine Learning et de statistiques.

Ils vont répondre à des questions aussi diverses que : est-ce que je dois fermer ou au contraire ouvrir un magasin, et à quel endroit pour optimiser mon investissement ? Quelles sont mes populations de client.e.s ? Comment approvisionner mes stocks ?

Nous pouvons aussi donner un exemple très différent de l’une de nos data scientist travaillant dans les équipes réseau de la SNCF : elle est en mesure de conseiller sur quel train il faut intervenir en maintenance, sachant qu’elle a diagnostiqué qu’il y a vraisemblablement un défaut qui est en train de survenir.

Quel type de client avez-vous ?

On collabore avec tous types de secteurs. Nous ne nous sommes pas positionnés sur un domaine en particulier. On travaille avec la SNCF, Camaïeu, Kiabi, Decathlon, l’AMF… Et nous sommes confortés chaque jour par la polyvalence de nos compétences.

Donc plutôt principalement des grandes entreprises ?

On a plutôt de grands comptes comme clients, car ils ont naturellement beaucoup de données, accompagnées d’une grande complexité. Mais, à notre grande satisfaction, nous travaillons également avec des entreprises plus modestes, des ETI ou même des startups qui ont connu une forte croissance. Elles partagent elles aussi les défis liés au volume et à la complexité de leurs données.

Vous souhaitez agrandir l’équipe sur le long-terme ? Quelles sont vos perspectives d’évolution ?

Aujourd’hui, notre positionnement, c’est celui d’une vraie expertise, une sorte d’excellence dans la Data. Et cela, ça se construit en espérant grandir, bien sûr, mais cela doit se faire de manière soutenable : nous ne pouvons pas transiger avec le niveau de nos compétences.

En tant qu’expert, comment décrirais-tu simplement le Big Data ?

Il y a une définition qui a été donnée il y a quelques années et qui, même simpliste, mérite d’être rappelée : Le Big Data (les méga-données en français), c’est lorsqu’il y a du Volume, de la Variété et de la Vélocité.

Nos clients ont souvent une combinaison de ces problématiques. Ils nous sollicitent parfois sur une seule, qui propose déjà beaucoup de défis. Par exemple, si on prend le volume, on travaille aujourd’hui avec Decathlon sur des solutions qui viennent accompagner leur très grande croissance. Ils ont, je crois, plus de 1400 magasins dans le monde, avec des millions de tickets de caisses tous les jours… Pour analyser les grandes quantités de données qui arrivent continuellement, il faut des solutions spécifiques que nous maîtrisons.

Quand il y a du volume, il faut avoir les compétences de Data Ingénierie qui mettent en oeuvre les bonnes technologies et réalisent des développements sur cette architecture.

Dans un contexte de variété, il s’agit de tirer profit de nombreuses et diverses sources d’informations. Nous reproduisons des approches similaires de réconciliation de CRM, Applications de Facturation, DMP et ce pour des ETI, des Grands Groupes ou même des startups. Les questions auxquelles répondre sont communes : qu’est-ce que je connais de mon client ? Combien de fois je le contacte, avant qu’il ne soit client et après ? Comment est-ce que je mesure la fidélité par rapport à ma marque ? Suis-je en risque de le perdre ? Une multitude de facteurs à réunir pour faire un constat.

Donc si je comprends, c’est plutôt des compétences que vous proposez à vos clients. Avez-vous aussi des outils spécifiques que vous avez développé chez vous et que vous vendez ? Des outils d’analyses par exemple.

On est plus sur la compétence, le suivi, en utilisant des technologies qui sont pour la plupart assez répandues mais tout de même très pointues, et sur lesquelles on est spécialistes. Rien que le fait de les avoir, et de savoir les utiliser correctement, c’est déjà un savoir-faire. Ensuite, on a deux, trois « boosters » sur lesquels on a beaucoup capitalisé. Ce ne sont pas tout à fait des logiciels prêts à l’emploi, mais qui nous permettent d’aller plus vite et qui convainquent nos clients de notre capacité d’adaptation pour répondre à leurs besoins. Je citerais à ce titre : un analyseur de phénomènes communautaires sur des graphes sociaux, un analyseur de sentiments, une solution automatisée de Business Intelligence dans le cloud…

Qu’est-ce que le développement d’internet et l’explosion de toutes ces données qui circulent aujourd’hui sur la planète, ont changé au sein des entreprises ? Dans leur manière de travailler ?

J’ai presque commencé avec le web, j’ai vu arriver le mobile, les architectures cloud, la multiplication des sources de données est continuelle.

En même temps que cette complexité s’accroît, les outils qui permettent d’y répondre évoluent également très rapidement. Il faut donc être constamment dans l’innovation pour mettre en face des défis les bonnes solutions.

On nous demande par exemple de mieux connaître le parcours des clients, si complexe parce qu’impliquant du Web, Mobile, Physique et enceintes connectées prochainement. Ce à quoi nous pouvons répondre avec des outils toujours plus souples et performants pour aller capter des informations, les travailler, créer des tableaux de bords parfaitement sur-mesure.

Chez Novagen, nous nous appuyons notamment sur ce qu’offre le cloud en termes de captation, stockage, transformation et valorisation des données : c’est une écosystème qui libère les possibilités.

On entend de plus en plus que tout ce qui est lié au Data et à l’intelligence artificielle va profondément changer le monde, et que ce sera la première fois qu’on détruira davantage de métiers que l’on en créera. Quel est ton point de vue sur les transformations à venir portées par ces innovations de rupture ?

Le constat que je fais est que pour Novagen et nos clients, cela va représenter des projets passionnants dans lesquels notre expertise va être mise à contribution, et pour longtemps.

Mais nous mesurons également le pouvoir vertigineux de ces solutions peuvent avoir. Ce qu’on appelle abusivement ‘intelligences artificielles’ sont capables de services extraordinaires qui peuvent diminuer largement le besoin de main d’oeuvre : traduction automatique, véhicules autonomes, traitements administratifs, diagnostics médicaux.

Sans pouvoir mesurer précisément l’impact qu’elles auront, on peut faire le constat qu’il faudra déplacer les compétences vers les hautes qualifications et la créativité, ce qui nous offre de belles perspectives.

Merci beaucoup Hubert pour cette interview.

Share This